Conte de nuit… Il était une fois, une histoire d’insomnie


Il était une fois, un conte de nuit, une histoire d’insomnie… Claude vivait dans une petite maison aux abords de la ville. Elle vivait heureuse et aucun souci n’assombrissait sa vie de tous les jours. Même si elle avait son lot de problèmes par moment, son quotidien s’écoulait tranquillement. Le seul accrocs dans ses habitudes venait de ses nuits sans sommeil.

Cela avait commencé petit à petit, après qu’elle eut perdu son travail. Ce n’était pas très passionnant de vérifier des boîtes de crayons de couleur mais cette activité remplissait ses journées et un peu son compte en banque. Les insomnies s’étaient rapprochées de plus en plus souvent et maintenant, le phénomène se reproduisait chaque nuit.

Au début, elle se levait doucement pour aller écouter la radio en sourdine. Elle entendait le son cristallin et rassurant du carillon jouant dans la brise, sous le porche de la maison. Elle se laissait bercer par le son des voix de la radio enveloppée dans une couverture chaude. Cela lui allait très bien. Son insomnie survenait sans rythme, une fois de temps en temps. Parfois, elle se rendormait mais d’autres fois, elle était réveillée en sursaut par des sons plus aigus. Quand les nuits sans sommeil se sont rapprochées, elle n’a plus supporté le ronronnement aléatoire des sons et Claude a choisi de prendre un livre.

L’après-midi, elle se rendait à la bibliothèque choisir un livre et la nuit, dès qu’elle se réveillait, elle se levait pour lire toujours enveloppée dans sa couverture chaude. A ce moment là, ses insomnies se déclenchaient deux ou trois fois dans la semaine et elle pouvait finir le livre en deux ou trois jours. Moins elle dormait, plus elle allait à la bibliothèque. Toujours sans travail, Claude passait ses matinées à dormir et ses après-midis à chercher le livre qui allait lui tenir compagnie pendant la nuit. Ce n’était plus les voix qui la berçait mais les mots et le doux carillon de l’entrée. Quand ses insomnies ont atteint un rythme journalier régulier, elle lisait un livre par nuit.

Un jour, Claude s’est trouvée tellement fatiguée de ses nuits qu’elle a dormi toute la journée. Lorsqu’elle s’est réveillée, la bibliothèque était fermée. Comment allait-elle faire pour s’occuper pendant la nuit prochaine ?

Cette nuit-là, comme toutes les nuits, Claude se réveilla gagnée par l’insomnie et se leva moins tranquille que les autres fois. Elle se demandait ce qu’elle allait faire. Le son du carillon se faisait entendre, toujours aussi doux et cristallin que toutes les autres nuits. Est ce que ce n’était pas le tintement de ses feuilles de métal qui la réveillait à chaque fois ? Claude s’approcha de la fenêtre pour regarder le jardin sous la lune qui éclairait le feuillage du beau tilleul. Aucun bruissement de feuilles ne se faisait entendre, pas un souffle de vent ne venait faire danser les branches. Pourtant le son du carillon ne cessait pas de jouer sa mélodie.

 Intriguée par ce phénomène étrange, Claude s’approcha de la porte d’entrée pour observer le carillon. Ce qu’elle vit par la fenêtre la remplit de surprise et de crainte. Un enfant, une petite fille, soufflait sur le carillon pour le faire teinter. Ce n’était pas possible qu’un enfant soit là en plein cœur de la nuit pour venir jouer. Elle ouvrit sa porte avec appréhension. Aussitôt, l’enfant se tourna vers elle pour lui dire :

  • Je t’attendais ! Tu as mis bien longtemps à m’ouvrir !

Claude était stupéfaite du naturel de la petite fille et lui répondit :

  • Je ne savais pas que tu étais là. Où habites-tu ?

  • J’habite dans la maison d’à côté.

  • Je ne t’ai jamais vue.

  • C’est normal, tu ne me regardes pas quand tu passes tous les jours.

  • Tes parents vont s’inquiéter s’ils ne te voient pas dans ta chambre en pleine nuit.

  • Mais non, ils ont l’habitude cela fait longtemps que je ne suis plus là.

  • Tu devrais rentrer quand même.

  • Je pars si tu promets de venir me voir demain.

  • C’est promis, je viendrais demain après-midi.

Et l’enfant partit sur la petite allée vers le portail. Claude referma la porte et lorsqu’elle regarda à nouveau par la fenêtre l’enfant avait disparu.

Le lendemain matin, Claude ne dormit presque pas et attendit avec impatience après déjeuner pour aller sonner chez sa voisine. Elle se présenta dès le début de l’après-midi pour retrouver l’enfant. Sur la porte, il y avait une plaque : Flora Carillon – Professeur de dessin.

 

Merci d’avoir lu cette histoire. J’ai été heureuse de l’écrire pour vous et j’espère qu’elle vous aura inspiré.

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